Demande d’hébergement

Les habitants de la Cité Internationale Universitaire de Paris sont divisés en deux grandes catégories : passagers et résidents.

Il existe trois catégories de résidents réguliers : les étudiants, les chercheurs, et les artistes ou les professionnels de la culture, chacune ayant des conditions d’éligibilité et des durées de séjour différentes.

La Maison du Japon n’est ni un hôtel commercial ni une simple pension de famille, mais un lieu destiné aux étudiants et aux chercheurs pour promouvoir l’amitié internationale et les échanges culturels et académiques entre la France et le Japon. Pour y vivre, il faut en être pleinement conscient, et être prêt à s’engager dans des échanges avec les autres résidents.

Pour ceux dont la nationalité ne ferait pas partie des pays ayant ouvert leur propre Maison à la Cité Internationale Universitaire de Paris (Français y compris), une prise de contact avec la Maison du Japon est la bienvenue.
Dans le cas où votre pays d’origine possède sa propre Maison, un brassage à la Maison du Japon reste possible, une fois effectuée votre requête auprès de la Maison correspondant à votre nationalité.
La Cité Internationale Universitaire de Paris doit, dans tous les cas, être contactée avant toute demande.

Nous recevons actuellement un grand nombre de demandes concernant les conditions d’admission. Veuillez noter qu’il se peut que nous ne soyons pas en mesure de répondre individuellement à chacune d’elles. Merci de votre compréhension.

  • Séjour
  • Séjour temporaire
  • Interview de résidents

Les conditions et la période de résidence pour devenir résident régulier sont les suivantes.

Étudiant

○Qualification pour emménager

L’admissibilité d’un étudiant résident régulier doit remplir les trois conditions suivantes.
(1) Plus de 3 ans se sont écoulés depuis l’entrée à l’université.
(2) Avoir au moins 18 ans.
(3) Être officiellement inscrit à un programme de maîtrise ou de doctorat dans un établissement d’enseignement supérieur français situé en Île-de-France.

En outre, les conditions ci-dessus peuvent être assouplies pour les étudiants qui se spécialisent en art et en technologie pratique. Veuillez contacter le directeur pour plus de détails.

○Période de résidence

Elle s’étend sur l’année universitaire, soit du 1er septembre au 30 juin de l’année suivante. Une prolongations peut être autorisée pour une période ne dépassant pas les 30 mois, la période de résidence au cours des 6 dernières années consécutives étant comprise (à l’exclusion de juillet et août).

Chercheurs

○Qualification pour emménager

La qualification d’occupation d’un chercheur résident doit répondre à l’un des trois éléments suivants.

(A) Être titulaire d’un doctorat.
(B) S’engager dans des programmes de recherche approuvés par des établissements d’enseignement supérieur, des instituts de recherche ou des universités.
(C) Être invité en tant que chercheur par une université d’Île-de-France, un établissement d’enseignement supérieur ou une institution de recherche.

○Période de résidence

Pour une durée d’un an. Une prolongation peut être autorisée pour une période de résidence ayant eu lieu au cours des 4 dernières années consécutives et ne dépassant pas 2 ans.

Artistes et experts culturels

○Qualification pour emménager

Les artistes ne sont pas soumis à un domaine particulier. Les experts culturels peuvent aussi bien être conservateurs que personnel de bureau, bibliothécaires, techniciens, etc.
L’admissibilité porte sur une venue en Île-de-France pour une exposition, une performance ou un projet artistique spécifique.

○Période de résidence

Pour une durée d’un an. Une prolongation peut être autorisée pour une période de résidence ayant eu lieu au cours des 4 dernières années consécutives et ne dépassant pas 2 ans.

Tarifs

Comment faire une demande d’hébergement

Si vous souhaitez emménager en tant que résident régulier, veuillez d’abord faire une demande d’emménagement sur le site Web de la Cité Internationale Universitaire de Paris. (https://bienvenue.ciup.fr/questionnaire/)

Ensuite, veuillez remplir la procédure de demande pour la Maison du Japon selon la catégorie de qualification d’occupation indiquée ci-dessous.

(I) Étudiant résident régulier

Documents requis

Veuillez envoyer les documents suivants en une fois à la Maison du Japon au format PDF.

(A) Copie du passeport
(B) Certificat d’acceptation d’un établissement de recherche et d’enseignement français (ou professeur superviseur)*
(C) Certificat de bourse*
(D) Certificat de fin d’études du dernier diplôme obtenu au Japon*
(E) Lettre de recommandation d’un superviseur japonais*
(F) CV + lettre de motivation (les deux sans format spécifique)*
(G) Contenu antérieur et plans futurs de recherche*

Les documents ci-dessus doivent être rédigés en japonais, en français ou en anglais. Cependant, si l’original est écrit dans une langue différente, veuillez y joindre une traduction vers le japonais, le français ou l’anglais.

※En ce qui concerne (B), si vous ne recevez pas le certificat d’acceptation officiel avant la date limite, veuillez envoyer une copie de la lettre ou de l’e-mail de l’établissement d’accueil français ou du professeur référent.
※(C) n’est pas requis pour les étudiants non boursiers.
※(D) et (E) : si l’école dans laquelle vous êtes inscrit juste avant d’étudier en France est une institution de recherche et d’enseignement dans un pays autre que le Japon, veuillez envoyer les documents de l’établissement de recherche et d’enseignement, du référent de votre dernière formation au Japon, et les documents de l’établissement de recherche et d’enseignement et du superviseur juste avant d’étudier en France.
※Veuillez vous assurer de préciser votre adresse actuelle et vos coordonnées (numéro de téléphone, adresse e-mail) pour (F).
※En ce qui concerne (G), le format est gratuit avec environ 3 feuilles d’écriture horizontale de la version A4. Veuillez décrire le plan de recherche en détail, ainsi que ce qu’il vous reste à rédiger.

Procédure de sélection

Les résultats de la sélection vous seront communiqués à la fin du mois de juin. En outre, la chambre accordée ne sera pas nécessairement à la japonaise, et pourra s’avérer se situer dans un autre bâtiment.

(II) Chercheur résident régulier

Documents nécessaires

Si vous souhaitez bénéficier d’un séjour de plus de 3 mois, veuillez envoyer les documents suivants en une fois à la Maison du Japon au format PDF.

(A) Copie du passeport
(B) Certificat d’acceptation d’un établissement de recherche et d’enseignement français (ou d’un superviseur) ou un certificat d’envoi d’un organisme affilié japonais
(C) Preuve de revenus pendant votre séjour en France
(D) Un CV simple et une liste de travaux

Les documents ci-dessus doivent être rédigés en japonais, en français ou en anglais. Cependant, si l’original est écrit dans une langue différente, veuillez y joindre une traduction vers le japonais, le français ou l’anglais.

Procédure de sélection

Les candidatures sont acceptées à tout moment. Après avoir reçu les documents de candidature, le directeur du pavillon du Japon prendra sa décision en tenant compte des disponibilités de la Maison du Japon ou d’autres bâtiments, et en informera le candidat.

(III) Artistes et experts en relations culturelles résidents réguliers

Documents requis

Veuillez envoyer les documents suivants en une fois au format PDF à la Maison du Japon.

(A) Copie du passeport
(B) Certificat d’acceptation d’un établissement de recherche et d’enseignement français (ou d’un superviseur) ou un certificat d’expédition d’une institution affiliée japonaise
(C) Budgets pour les expositions, les spectacles, les projets de recherche, la formation, etc.
(D) Un CV simple et une liste de travaux

Les documents ci-dessus doivent être rédigés en japonais, en français ou en anglais. Cependant, si l’original est écrit dans une langue différente, veuillez y joindre une traduction vers le japonais, le français ou l’anglais.

Procédure de sélection

Les candidatures sont acceptées à tout moment. Après avoir reçu les documents de candidature, le directeur du pavillon du Japon prendra sa décision en tenant compte des disponibilités de la Maison du Japon ou d’autres bâtiments, et en informera le candidat.

A propos du cadre de vie

L’espace de vie

 Parmi les 43 Maisons de la Cité Internationale Universitaire de Paris, celle du Japon jouit d’une excellente réputation pour son calme et sa propreté.
 La Maison du Japon dispose de 70 chambres de 11 à 30m², dont certaines sont équipées de douches et de toilettes. Chaque chambre est équipée d’un lit, d’un bureau, d’une bibliothèque, d’une armoire, d’une connexion internet, d’un petit réfrigérateur et d’un lavabo.

Les résidents

Le nombre total de résidents de la Maison du Japon en 2024 était de 71, dont 36 Japonais et 35 résidents étrangers.
 Ils étaient alors originaires de 18 pays différents : Argentine, Algérie, Italie, Inde, Iran, Suède, Espagne, Allemagne, Chine, Tunisie, Danemark, France, Brésil, Vietnam, Belgique, Mexique, Maroc et Liban.
 Comme vous pouvez le constater, la Maison du Japon compte de nombreux résidents étrangers. Le système d’échange de résidents (ou « brassage ») est ce qui permet une telle diversité. En vertu de ce système, chaque Maison doit veiller à ce que la proportion d’étudiants et de chercheurs de son propre pays soit limitée à 70%, et de ceux venant de l’étranger d’au moins 30%. Actuellement, 17 étudiants/chercheurs japonais sont « brassés » dans d’autres Maisons.

Équipements et services

 Équipement dans chaque chambre : réfrigérateur, literie, bureau, chaise, armoire, internet. Équipement à chaque étage : cuisine commune (cuisinière avec plaque électrique, micro-ondes et four). Toilettes et douches séparées pour les hommes et les femmes.
Installations communes : grand salon, petit salon, bibliothèque, 2 machines à laver, 2 sèche-linge, salle commune des résidents (avec PC, imprimante et fer à repasser).
Services aux résidents : nettoyage de chaque chambre une fois par semaine, changement des draps une fois toutes les deux semaines. La plupart des résidents font leurs courses au supermarché local et utilisent la cuisine commune. Il y a également un restaurant et une terrasse de café dans le bâtiment principal de la Cité universitaire. Les Maisons espagnole, coréenne et allemande disposent également de restaurants ouverts à tous.


Comité des résidents

 Chaque maison de la Cité Internationale Universitaire de Paris dispose d’un Comité des résidents autonome qui veille à ce que les résidents puissent se concentrer sur leurs études et leurs recherches et jouir d’une vie quotidienne confortable. En collaboration avec le directeur, le Comité participe activement à la mise en œuvre d’activités culturelles, à l’amélioration du cadre de vie et à la promotion de l’amitié entre les résidents.
 Si un résident a une demande ou une plainte à formuler concernant la vie à la Maison du Japon, il peut en faire la demande ou la suggestion au directeur. Ces comités sont élus par les résidents dans le cadre d’un processus électoral en début d’année, lorsque les candidats sont invités à se présenter.

Règlement de la Maison du Japon


Avant de postuler, les résidents sont tenus de lire les règles de la Maison du Japon et d’en accepter le contenu au préalable.
Réglement MdJ en français

Les conditions et la période de résidence pour devenir résident temporaire sont les suivantes.


Classification des résidents

Les résidents de la Cité Internationale Universitaire de Paris sont très différents des résidents temporaires, ou passagers, et des résidents réguliers. Il existe trois catégories parmi ceux-ci : étudiants, chercheurs, et artistes ou professionnels de la culture et du sport, chacun ayant des qualifications et une durée de séjour différentes.


Résidents temporaires

Les séjours temporaires sont accordés à la discrétion de chaque bâtiment. Les invités doivent avoir un lien avec des établissements de recherche et d’enseignement supérieurs en France ou au Japon. Il faut avoir au moins 18 ans. Pour un séjour temporaire à la Maison du Japon, vous devez rester au moins 5 nuits. 


Demande de séjour temporaire

TARIFS pour les séjours temporaires

Chaque bâtiment de la Cité Internationale Universitaire de Paris, y compris la Maison du Japon, accepte d’abord les résidents réguliers ; ce n’est que dans l’éventualité ou une chambre serait encore disponible pour les résidents temporaires qu’elle pourra être accordée.

Après votre arrivée, nous vous demanderons de contacter le Directeur de la Maison du Japon afin de réaliser un rapide entretien.

En principe, les réservations peuvent être effectuées à partir de :
Pour 31 nuits ou plus : 3 mois avant le début du séjour
Pour 21 à 30 nuits : 2 mois avant le début du séjour
Pour 11 à 20 nuits : 1 mois avant le début du séjour
Pour 5 à 10 nuits : 3 semaines avant le début du séjour.

Veuillez tout d’abord mentionner par courriel le type d’entreprise et les qualifications relatives à votre séjour, et préciser la période souhaitée dans l’objet de votre message. Après cela, nous vous enverrons un formulaire de demande de séjour temporaire, qu’il vous faudra remplir et nous retourner. Après avoir confirmé les divers détails relatifs au statut de la réservation, nous répondrons en fonction de sa disponibilité. Si votre réservation est effectivement possible, nous vous enverrons le tarif de la chambre pour la période concernée. La réservation sera effectuée lorsque le transfert des frais aura été confirmé.

Prenez soin de réaliser ce virement avant la date d’arrivée : avant réception, veuillez noter que la durée du séjour et la chambre peuvent changer en fonction des circonstances propres à la Maison.

Réservation et politique d’annulation

Votre réservation est confirmée dès réception du paiement du tarif de l’hébergement.

En cas d’annulation, les frais suivants seront appliqués :

  • Plus d’un mois avant le séjour : remboursement intégral
  • De 1 mois à 7 jours avant le séjour : frais d’annulation de 100 €
  • De 6 jours à la veille du séjour (jusqu’à 9h, heure française) : 50 % du tarif de l’hébergement
  • Le jour même ou en cas de non-présentation : totalité du tarif de l’hébergement

Nous recevons beaucoup de demandes de renseignements chaque jour. Nous vous remercions de vous abstenir autant que possible de poser des questions relatives aux méthodes de transfert. De plus, nous vous demandons de tenir compte du fait qu’un certain temps pourra parfois s’avérer nécessaire pour vous répondre.

Demande d’hébergement

Les recherches menées en France et le séjour à la Maison du Japon qui a conduit à une nouvelle découverte

Chercheur postdoctoral
Institut des sciences de la vie avancées, Université de Hokkaidō ESPCI-Paris (École supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris) Ryūji Kiyama (33 ans)

Le caoutchouc et les gels (comme la gélatine) sont des matériaux très familiers dans notre vie quotidienne. Cependant, même en les agrandissant fortement à l’aide d’un microscope électronique, leur structure ne pouvait jusqu’à présent être observée que de manière « floue », ce qui constituait une difficulté majeure.
Ryūji Kiyama, chercheur postdoctoral en résidence à la Maison du Japon de la Cité internationale universitaire de Paris, est parvenu à l’automne 2024, pour la première fois au monde, à saisir clairement la structure moléculaire du caoutchouc. Il explique que sa vie de chercheur en France l’a conduit à cette découverte.

« – J’ai été surpris de constater que, bien que le caoutchouc et les gels soient des matériaux très familiers, ils recelaient encore des mystères.

– Si le caoutchouc et les gels sont souples, c’est parce qu’ils sont constitués de réseaux moléculaires extrêmement fins, qui vibrent en permanence de manière intense. En raison de ces caractéristiques, il était difficile d’observer leurs structures de très petite taille. De Gennes, grand scientifique dont la France est fière et qui a posé les bases théoriques de la recherche dans de nombreux domaines, y compris celui du caoutchouc (prix Nobel de physique en 1991), a su tirer parti de la difficulté à saisir les détails fins de ces matériaux. À l’image de la peinture impressionniste, il a cherché à en capter l’essence au moyen de théories audacieuses faisant volontairement abstraction des détails, et a qualifié cette approche de « physique impressionniste ». Cependant, à mesure que l’importance des structures de très petite taille est devenue évidente ces dernières années, un mouvement s’est développé en faveur de l’idée qu’« il est peut-être temps, après tout, d’observer correctement ». De nombreuses méthodes ont alors été explorées. Celle à laquelle je suis parvenu consiste à « fixer délicatement » les molécules du réseau, qui sont en perpétuel mouvement. J’ai inséré, autour du réseau moléculaire que je souhaitais observer, un autre réseau moléculaire aux mailles plus fines, de sorte que les molécules ne puissent vibrer qu’à l’intérieur de ces mailles. J’ai ensuite rendu l’observation possible en y fixant des nanoparticules. En 2023, j’ai réussi à appliquer cette méthode aux gels dans un laboratoire de l’Université de Hokkaidō. Souhaitant ensuite relever le défi de l’observation du caoutchouc, dont le champ d’application est plus large que celui des gels, j’ai décidé d’entreprendre un séjour de recherche à l’étranger à l’ESPCI-Paris. Comme l’illustre la renommée du fabricant de pneus Michelin, la France possède une expertise de tout premier plan au niveau mondial dans le domaine de la recherche sur le caoutchouc. En bénéficiant de ces connaissances, j’ai pu réussir également l’observation de la structure du caoutchouc. Lorsque j’ai montré les images obtenues au professeur partenaire de la recherche collaborative, il a d’abord laissé échapper un « oh », puis un « incroyable », avant de me bombarder de questions. Le développement de cette nouvelle méthode d’observation a considérablement élargi les possibilités d’accéder à des informations jusqu’alors inatteignables. Aujourd’hui encore, j’utilise cette approche pour relever de nouveaux défis de recherche.

Avez-vous remarqué des différences, notamment dans les cultures de recherche entre le Japon et la France ?


– J’ai le sentiment que, dans le laboratoire auquel j’appartiens, on accorde une grande importance à l’aspect pratique de la recherche, avec une forte conscience de l’objectif de « former des personnes capables d’être utiles à la société ». Par exemple, lorsqu’une entreprise rencontre une difficulté dans ses activités de développement, elle consulte rapidement des chercheurs universitaires et apporte des financements afin d’élucider le problème dans le cadre d’une collaboration étroite entre l’industrie et le monde académique. Pour cette raison, comparée au Japon où la recherche purement académique est très dynamique, la France compte davantage de projets de recherche menés en collaboration avec les entreprises. La manière d’aborder la recherche diffère également. J’ai l’impression que les chercheurs japonais sont, dans l’ensemble, très sérieux, tandis qu’en France, les chercheurs aiment aussi profiter des loisirs et des voyages, avec une attitude plus légère. Comme mes collègues de laboratoire prenaient de longues vacances, je me suis dit « moi aussi », et je suis parti à Bordeaux pendant l’été pour changer d’air. Dans le laboratoire de recherche sur la matière molle auquel j’appartiens, environ vingt à trente étudiants et chercheurs postdoctoraux sont présents, et un nombre comparable d’enseignants-chercheurs y sont affiliés. Outre le caoutchouc et les gels, on y étudie également les liquides, le frottement et d’autres thématiques. Les nationalités des chercheurs sont très diverses, allant de différents pays européens à la Chine, l’Inde ou encore la Thaïlande. Disposer d’un environnement où l’on peut rencontrer, au laboratoire même, des experts de nombreux domaines est extrêmement stimulant.

Quels sont, selon vous, les attraits de la Maison du Japon en tant que lieu de séjour ?


– Je séjourne à la Maison du Japon depuis le printemps 2024 pour une période prévue de deux ans. Des chercheurs de domaines très variés y résident, allant des sciences naturelles aux sciences humaines et à l’art. Je pense qu’il est vraiment important, pour un chercheur, de pouvoir échanger avec des personnes d’autres disciplines que la sienne. À la Maison du Japon, des séminaires réguliers permettent aux résidents de présenter leurs travaux. J’ai, par exemple, eu des discussions passionnantes avec un chercheur en astronomie sur l’intérêt d’étudier un « monde invisible ». Ces séminaires permettent aussi de comprendre quels aspects de notre présentation suscitent l’intérêt de chercheurs d’autres domaines. Si l’on ne côtoie que des personnes d’un domaine proche, on a tendance à produire des idées assez similaires. Mais les découvertes vraiment innovantes ne naissent pas uniquement de l’accumulation de connaissances et d’informations dans un cadre existant. Elles émergent en combinant des savoirs issus d’autres disciplines et en répétant des expériences. La vie dans le laboratoire d’accueil à l’étranger et à la Maison du Japon constitue un environnement riche en opportunités de découvertes, où chaque échange quotidien peut potentiellement conduire à de nouvelles idées. »

(Date de l’entretien : 25 janvier 2025)


Les échanges avec des étudiants du monde entier grâce au comité.

Sakurako Maki (24 ans) Master 2 à Sciences Po Paris

Après avoir obtenu sa licence en droit à l’Université de Hokkaidō, Sakurako Maki poursuit un master en relations internationales à Sciences Po Paris.
Malgré un emploi du temps chargé, partagé entre les cours et un stage dans un think tank, elle a également exercé la fonction de présidente du « comité des résidents », organisation autonome de la Maison du Japon. Elle explique que la création de lieux d’échanges lui a permis d’« élargir également ses propres horizons ».

« Quelles activités le comité de la Maison du Japon organise-t-il ?

– Les membres du comité sont élus à la suite d’un vote de confiance des candidats, et leur mandat dure environ un an, de septembre à l’année suivante. Pour l’année 2025, les sept membres du comité se sont réunis pour discuter, et j’ai exercé la fonction de présidente. Le comité a d’abord cherché à renforcer les échanges entre résidents, en introduisant de nouveaux équipements et en organisant des soirées karaoké. Le karaoké étant une culture originaire du Japon, il a permis aux résidents passionnés ou non par la pop culture japonaise de se rassembler et de s’amuser ensemble au micro. L’événement ayant rencontré un vif succès, il est désormais organisé régulièrement. Lors du festival annuel de la Cité internationale universitaire, la « Fête de la Cité », nous avons également offert aux visiteurs des lattes au matcha et des confiseries japonaises, très appréciés même en France. De plus, j’ai participé à des réunions rassemblant les présidents des Comites de chaque résidence, où j’ai pu me confronter à l’idéologie de la Cité internationale universitaire : « des jeunes du monde entier apprennent ensemble et construisent la paix ». Cela m’a donné un nouveau sentiment de responsabilité pour représenter et promouvoir le Japon.

Grâce au comité, vos échanges se sont donc élargis, n’est-ce pas ?

– À la Maison du Japon, environ la moitié des résidents sont des étudiants ou chercheurs de nationalité non japonaise. Pouvoir côtoyer quotidiennement des personnes aux origines, langues et disciplines de recherche différentes constitue un des grands attraits de la Maison du Japon. De plus, le site de la Cité est conçu comme un vaste parc, ouvert au public : les habitants viennent s’y promener ou le visiter. La Maison du Japon, avec sa façade distinctive inspirée d’un château, attire particulièrement l’attention. Grâce aux événements organisés par le comité, il a été possible de créer des liens entre les résidents, les étudiants et chercheurs des autres résidences, ainsi que les habitants locaux, tout en établissant des points de contact avec le Japon, créant ainsi un cercle vertueux.

À Sciences Po, quelles recherches menez-vous ?

J’étudie les méthodes d’analyse des questions de sécurité. Dès mes études de premier cycle, j’ai eu l’occasion d’effectuer des stages au consulat général des États-Unis et aux Nations unies, ce qui a suscité mon intérêt pour ce domaine. En France, j’ai pu examiner des relations difficiles à percevoir depuis le Japon, comme les liens entre l’Afrique et l’Europe, ce qui rend mon expérience particulièrement enrichissante. Dans le cadre de mes recherches, j’ai effectué un stage à l’Institut français des relations internationales (Ifri). J’y ai travaillé en français et en anglais, notamment pour la rédaction de comptes rendus et la collecte de documents. En France, il est courant de déjeuner tous ensemble au bureau, et j’ai veillé à participer activement à ces moments pour m’adapter à la culture professionnelle française. À l’avenir, je souhaite devenir consultante en gestion des risques pour les entreprises, afin d’approfondir mes connaissances sur l’impact des risques géopolitiques sur le monde des affaires et sur les pratiques de sécurité.